Al-Shorfaa Al-Hammadi: L’Égypte et l’équilibre arabe et regional

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Al-Shorfaa Al-Hammadi: L’Égypte et l’équilibre arabe et regional

Traduit par/ Dr Yousra Mohamed Massoud
Ainsi, l'histoire nous a appris les positions honorables de l’Égypte, qui traite ‎les Arabes comme de véritables frères, et se tient à leurs côtés dans toutes ‎leurs questions sans prix, sans grâce, sans intérêt politique ou matériel. Au ‎contraire, elle tire ses valeurs arabes d’une longue histoire, marquée par le ‎sang, l’argent, les liens de parenté et la lutte, et les sacrifices de ses fils avec ‎leur sang pour le bien des questions arabes. C' est sa destinée politique, ‎géographique et nationale, car elle est le cœur du corps arabe en ruine et ‎lutte sur les questions les plus‏ ‏triviales.‎
Lorsque je contemple l’histoire de la nation arabe dans ses grands moments ‎de fracture, je trouve que l’Égypte a toujours été le pays qui porte le plus ‎grand fardeau dans la protection de l’identité arabe et la préservation du ‎reste de la cohésion de cet ensemble, qui a été soumis pendant de longues ‎décennies à des tentatives organisées de déchirer l’État national et ‎d'enflammer des conflits sectaires, et ethniques, de sorte que toute la région ‎se transforme en arènes ouvertes de chaos, de conflits et d'usure.‎
L'Égypte et l'équilibre de la région
Parler de l’Égypte ne se résume pas à ses frontières géographiques, à sa ‎population ou à sa puissance militaire. Il s'agit d’une idée civilisationnelle ‎enracinée dans toute l'histoire de l’humanité. Ce pays, qui a fait l’une des ‎plus anciennes civilisations du monde, est resté pendant des milliers d’années ‎un centre d’équilibre régional. Lorsqu’elle s’affaiblissait, toute la nation ‎arabe entrait dans les cycles de troubles et de désintégration. Lorsqu’elle se ‎rétablissait, toute la région rétablissait une partie de son équilibre perdu.‎
Par conséquent, il n'est pas surprenant que l’Égypte, tout au long de son ‎histoire récente, ait assumé des fardeaux qui dépassaient parfois ses ‎capacités économiques et politiques, dans la défense des causes de la nation ‎arabe: de la Palestine à l’Algérie, du Yémen à l’Irak et du Liban à la Libye, ‎le sang égyptien est resté présent dans toutes les batailles pour défendre la ‎sécurité nationale arabe, et le Caire est resté, malgré toutes les pressions et les ‎pressions auxquelles elle a été soumise, représentant le principal point focal ‎de l’équation de la stabilité arabe.‎
L'Égypte a payé un lourd tribut pour s'en tenir à son rôle national. Elle ‎était motivée par son économie,, sa stabilité interne et du sang de ses fils, car ‎elle était consciente, en raison de sa situation géographique et historique que ‎la chute de tout pays arabe dans le chaos s'étendait à toute la région et ne ‎restait pas confinée à l’intérieur de ses frontières. La sécurité nationale ‎égyptienne n'a jamais été séparée de la sécurité nationale arabe, et ce fait a ‎été prouvé par la géographie avant que la politique ne le confirme.‎
Quiconque lit les cartes du conflit dans la région se rend compte que le ‎ciblage de l’Égypte était un ciblage de l’idée d’un État arabe central capable ‎de maintenir l’équilibre et n’a jamais été celui d’un seul État, et c'est ‎pourquoi l’Égypte a été soumise au fil des décennies à des vagues successives ‎de pressions, de guerres, de conspirations et de tentatives d’affaiblissement, ‎car rester fort signifie que l’idée de la nation arabe elle-même reste vivante et ‎capable de résister.‎
Tout au long de l'histoire, de nombreuses forces ont réalisé que le ‎renversement ou l'épuisement de l’Égypte représente le moyen le plus ‎dangereux de remodeler la région selon les cartes de la fragmentation et du ‎chaos. Pour cette raison, nous avons vu comment les investissements dans la ‎création de la Fraternité dans les années 1920 ont eu lieu au cœur de ‎l’Égypte pour frapper la cohésion nationale, fragmenter le tissu social, ‎répandre des groupes extrémistes, financer le chaos et frapper les institutions ‎de l’État dans un certain nombre de pays arabes, dans le but de créer un ‎Moyen-Orient déchiré dans lequel les armées se transforment en milices, les ‎États en entités sectaires et conflictuelles et les peuples en groupes craintifs et ‎affamés cherchant seulement à survivre.‎
Au cœur de cette tempête, l’Égypte est restée le dernier barrage contre un ‎effondrement total qui aurait pu engloutir toute la région. Par conséquent, ‎la bataille était celle de toute la nation arabe et n'a jamais été une bataille ‎interne pour les seuls Égyptiens, car la chute de l'État égyptien aurait ‎signifié l’effondrement des derniers grands centres d’équilibre du monde ‎arabe.‎
Par conséquent, je comprends parfaitement pourquoi l’Égypte est devenue ‎une cible permanente de campagnes de diffamation, de sièges et de tentatives ‎de semer le désespoir et la frustration au sein de son peuple. Les forces qui ‎veulent démanteler la région réalisent que la survie de l'armée égyptienne, la ‎survie des institutions étatiques et la survie de la conscience nationale vivante ‎au sein du peuple égyptien signifient l’échec du projet de chaos total que les ‎groupes, organisations et forces régionaux et internationaux recherchent ‎depuis de nombreuses années.‎
L'Egypte est un pays qui, en vertu de l'histoire, porte une lourde ‎responsabilité envers son environnement arabe et ne cherche pas ‎l'hégémonie comme certains essaient de le décrire. Lorsqu' il se déplace pour ‎protéger sa sécurité nationale, il protège en même temps toute la sphère ‎arabe de l’effondrement. Par conséquent, la stabilité de l’Egypte représente ‎aujourd'hui une nécessité stratégique pour la nation arabe, non pas parce ‎que les Égyptiens le répètent émotionnellement, mais parce que les faits ‎solides sur le terrain ont prouvé que l’absence d'une Egypte forte ouvre les ‎portes du chaos à tous.‎
Ces dernières années ont révélé l’ampleur des risques qui entouraient la ‎région après que certains pays arabes se soient transformés en arènes ‎ouvertes pour des interventions étrangères, des organisations armées rebelles ‎et des combats internes. En revanche, l'Égypte a prouvé qu'un État national ‎fort, basé sur une armée cohésive, des institutions stables et une solide ‎conscience nationale, reste le dernier rempart contre les projets de partition ‎et d'effondrement.‎
Quand je parle de l’Égypte comme le cœur arabe battant, je décris un fait ‎stratégique établi qui est confirmé par le mouvement de l'histoire, de la ‎géographie et de la politique ensemble. Je n'utilise pas une expression ‎purement rhétorique, enthousiaste ou émotionnelle. Lorsque le cœur ‎s'affaiblit, tout le corps devient dysfonctionnel. Lorsqu'il cesse de remplir sa ‎fonction, le reste des membres entre dans un état d’effondrement accéléré. ‎L'Égypte a également été tout au long de l'histoire arabe moderne. Si les ‎crises s' intensifient, toute la région tremble, et si elle retrouve sa force, un ‎certain équilibre revient dans le monde arabe.‎